Introduction

Introduction
Le mot Mafia est aujourd'hui employé à tort et à travers dans n'importe quelle situation. Aujourd'hui le terme Mafia est utilisé pour désigner la plupart des gangs qui parcourent la planète, lesquelles ont peu ou rien a voir avec le modèle sicilien.
Il existe d'autre associations criminelles basées dans les régions du sud de l'Italie également appelés Mafia:
La Sacra Corona Unita, dans les Pouilles (le talon de la botte)
La 'Nrangheta, en Calabre (l'orteil)
La Camorra , dans la banlieue de Naples.
Toutes ont leur histoire, mais aucune n'ont la puissance, l'organisation et la prospérité de la Mafia sicilienne. Ce n'est pas un hasard si le mot d'origine sicilienne est le plus largement utilisé. Tout au long de ce journal je désidgnerai donc par le mot mafia la Cosa Nostra, l'organisation criminelle sicilienne.

# Posté le mercredi 02 janvier 2008 08:30

Modifié le jeudi 03 janvier 2008 06:38

Fonctionnement

Fonctionnement
Cosa Nostra peut s'identifier à un Etat en ceci qu'elle vise à contrôler un territoire. Chaque Cosca (famille) exerce un contrôle étatique sur son territoire. Le racket équivaut à l'impôt pour un gouvernement légitime a cette différence que la Mafia taxe toutes les activités, légales ou illégales. Comme l'état elle dispose du pouvoir de vie ou de mort sur ses sujets. Mais la mafia n'est pas un gouvernement de rechange, elle ne peut exister qu'en infiltrant l'état légale et en l'utilisant a sa convenance.
La mafia peut aussi être considéré comme une entreprise car elle essaie de réaliser des profits, bien qu'elle le fasse par intimidation. La majeur partie des bénéfice provenant du racket de protection tend a être réinvesti dans le potentiel criminel: il sert a acheter juges, avocats, policiers, journaliste ou politiciens et soutiens les mafiosi et leur familles lors de leur(s) séjour(s) en prison.
La Mafia est également une société secrete très fermé : elle selectionne ses membres avec le plus grand soin et leur impose d'énormes contraintes en échange des avantages qu'ils tirent de leur adhésion. Les exigences principales de Cosa Nostra vis a vis de ses membre est l'obéissance, la discrétion, et l'implacabilité.

# Posté le mercredi 02 janvier 2008 12:32

Modifié le jeudi 03 janvier 2008 06:38

Les hommes d'honneurs

Les hommes d'honneurs
La mafia est une organisation où les règles doivent toujours être prises au sérieux. Ce qui en aucun cas ne signifie qu'elles sont toujours suivies. Un des règles les plus importantes à trait à la vérité. La vérité est une denrée rare et précieuse pour les mafiosi. Quand un homme d'honneur est initié, il jure entre autre de ne jamais mentir à d'autre initiés, qu'ils soit de la même Cosca ou non. Cependant un mensonge bien déguisé peut se révéler une arme puissante dans la guerre permanente pour le pouvoir au sein de l'organisation. Le résultat est une paranoïa aigue. Le mafieux vit dans la crainte d'être jugé non pas par la loi des hommes mais plutôt par le soupçon permanent de Cosa Nostra.
Dans ces condition, il est naturel que les mafiosi excellent dans l'art de se taire. Ils préfèrent ne rien dire devant quelqu'un qui ne sait pas déjà de quoi ils parlent. Ils communiquent donc par codes, allusion, bribes de phrase ou autre silence significatifs. Personne n'en dit jamais plus que le strict nécessaire. Le juge Falcone a observé que « l'interprétation des signes, gestes , messages et des silence était l'une des principales activités des hommes d'honneurs. »
Si un mafioso A dit au mafioso B qu'il a assassiné l'entrepreneur Y pour le compte de Cosa Nostra, ce qu'il dit est probablement vrai, ou alors il s'agit d'un mensonge tactique qui à sa façon vaut autant que la vérité. Ainsi la parole des répentis doit être pris avec des pincettes car il faut discerner les vérités qu'il cache à la justice de celles que les autres affiliés lui cachent.

# Posté le mercredi 02 janvier 2008 14:09

Modifié le jeudi 03 janvier 2008 06:20

Hierarchie

Hierarchie
Les soldats au bas de l'échelles sont réunis en groupes d'environ dix hommes commandés par un capodecina (chef de dizaine).
Chaque capodecina se trouve sous les ordre directs du chef élu d'une Cosca, lui même assisté d'un lieutenant et d'un ou plusieurs consiglieri (conseillers).
Trois Cosche possédants des territoires contigus sont organisés en mandamento (districts). Le chef de chaque mandamento est membre de la Cupola, le parlement de Cosa Nostra.
En théorie au dessus du niveau provincial existe un niveau régional, mais en pratique, Palerme domine la mafia sicilienne. Il existe environ une centaine de familles en Sicile ; 50% ont leur territoire a Palerme et ses environs.
En clair le chef de la commission de Palerme assure la direction de la mafia sicilienne toute entière ( Toto Riina ou Bernardo Provenzano pour ne citer que les plus récents) .
Je précise encore un fois que ce journal ne traite pour l'instant que de la mafia sicilienne en Sicile et non en Amérique où l'organisation est encore assez différente. En photo Bernardo Provenzano, l'ancien Capo di tutti capi, arreté le 11 avril 2006
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# Posté le jeudi 03 janvier 2008 06:19

Modifié le vendredi 04 janvier 2008 04:41

La première guerre mafieuse

La première guerre mafieuse
La "première" guerre mafieuse a opposé 2 clans:
- Le clan Greco, l'une des plus puissante et ancienne famille de Sicile, avec à sa tete Salvatore Greco, "l'Oisillon", fils du boss de Ciaculli assassiné en 1946
-Le clan La Barbera avec à sa tête Angelo La Barbera, capo de Palerme-centre, accompagné de son frère Salvatore.

Tout les deux entretenaient de bonnes relations avec des membres importants de Cosa Nostra. Salvatore Greco avait comme allié Luciano Leggio qui parvint à se hisser chef de la Cosca de Corleone à la fin des années 50.
Dans le camp de La Barbera se trouvait Pietro Torreta devenu boss de l'Uditore. Donc aucun des 2 camps n'avait un meilleur "pedigree" que l'autre. L'hypothèse de la nouvelle mafia (La Barbera) défiant l'ancienne est à écarter.

La guerre fut déclaré a la suite d'une arnaque lors d'un trafic de drogue. Les Greco et les frère la Barbera avait financé un arrivage d'héroïne. Un home d'honneur, Calcedonio Di Pisa était ensuite chargé de l'acheminer jusqu'à Brooklyn. Mais les mafiosi de New York s'aperçurent que les colis contenait moins que prévu. Les soupçon se portèrent sur Di Pisa. La commission réunie pour statuer sur le sort de Di Pisa décida que celui ci n'était pas responsable du détournement de drogue. Mais le clan La Barbera afficha son mécontentement.

Le 26 décembre 1962, Di Pisa fut abattu à l'ouest de Palerme. D'autres membre de la Cosca Di Pisa ne tardèrent pas à etre descendus. La riposte commença en janvier 1963. Salvatore fut victime d'une « Lupara Bianca » : on ne retrouva que sa voiture calciné. Son frère Angelo disparut mais se montra en publique à Rome pour prévenir ses amis qu'il était en vie, déterminé à continuer la guerre. Le 12 février, un attentat à la voiture piégé détruisit la maison de "l'Oisillon". Celui ci s'en sorti indemne mais sa riposte fut spectaculaire.
Le 19 avril, une fiat se gara devant la poissonnerie Impero. Deux hommes se dressèrent sur les sièges et mitraillèrent la boutique. Parmi les mort, le poissonnier, un homme de main des La Barbera. Dans la poissonnerie se trouvant vraisemblablement Angelo La Barbera qui riposta à coup de fusil et pistolet. Il s'en sortit indemne.
La victime suivant était un allié des Greco, boss de Cinisi , tué encore une fois par une voiture piégé. Beaucoup pensèrent que c'était la dernière tentative pour démontrer qu'il pouvait encore atteindre ses ennemis.

Le 25 mai 1963, les occupant de 2 voitures vidèrent leurs changeurs sur Angelo La Barbera. Celui ci survécut encore un fois bien qu'il fut touché à l'½il, au cou, à la poitrine, dans le dos, à la jambe et à l'aine. Il fut finalement arrêté dans un hôpital de Milan et aux enquêteurs qui l'interrogeait il répondit "je ne sais rien".

C'est ici qu'intervient un acteur majeur de Cosa Nostra à cette époque : Tommaso Buscetta, l'un des premiers repentis de Cosa Nostra. Un article lui sera dédié au cours de ce journal.
Tommaso Buscetta aurait été du coté de La Barbera à l'ouverture du conflit. Mais quand il a remarqué qu'ils risquaient fortement de perdre la guerre, Buscetta et Torretta, le boss de l'Uditore changèrent d'allégeance pour passer du coté des Greco. Mais l'arrestation à Milan du boss de Palerme-centre, Angelo La Barbera, laissa place à un conflit pour prendre sa place. Torretta et Buscetta estimèrent qu'ils en etait les dignes successeurs. Mais les Greco pensait que Buscetta serait trop dangereux s'il était promu. Une guerre couvait donc quand la énième voiture piégé explosa en tuant sept membres des forces de l'ordre par erreur le 30 juin 1963
Selon Buscetta la guerre aurait été le résultat d'un piège visant à se faire affronter les 2 Familles. Mais il est clair que les mafiosi ignoraient eux même ce qui se tramait vraiment. Selon lui, c'est Michel Cavataio, alias "le cobra" qui aurait tué Di Pisa pour déclencher la guerre aux Greco.

L'attentat de Ciaculli, qui mit fin à cette guerre eut des conséquences considérables sur Cosa Nostra: plus de 2000 arrestations. En réaction, la mafia décida de se cacher. La commission décida de sa dissolution et les Familles se dispersèrent. L'oisillon se cacha à l'étranger et Buscetta également. Les crimes mafieux furent presque réduit à 0 les années suivantes.

En 1968, seul 117 des protagonistes furent traduit en justice et la majorité d'entre eux furent relâchés apres le temps qu'ils avaient passé en prison en attendant le jugement. Pietro Torretta eut la plus longue peine, 27 ans et Angelo La Barbera à 22 ans et 6 mois. L'oisillon et Buscetta furent condamnés également mais par contumace, étant donné qu'ils étaient en fuite.

# Posté le vendredi 04 janvier 2008 15:15

Modifié le samedi 05 janvier 2008 12:19