La "première" guerre mafieuse a opposé 2 clans:
- Le clan Greco, l'une des plus puissante et ancienne famille de Sicile, avec à sa tete Salvatore Greco, "l'Oisillon", fils du boss de Ciaculli assassiné en 1946
-Le clan La Barbera avec à sa tête Angelo La Barbera, capo de Palerme-centre, accompagné de son frère Salvatore.
Tout les deux entretenaient de bonnes relations avec des membres importants de Cosa Nostra. Salvatore Greco avait comme allié Luciano Leggio qui parvint à se hisser chef de la Cosca de Corleone à la fin des années 50.
Dans le camp de La Barbera se trouvait Pietro Torreta devenu boss de l'Uditore. Donc aucun des 2 camps n'avait un meilleur "pedigree" que l'autre. L'hypothèse de la nouvelle mafia (La Barbera) défiant l'ancienne est à écarter.
La guerre fut déclaré a la suite d'une arnaque lors d'un trafic de drogue. Les Greco et les frère la Barbera avait financé un arrivage d'héroïne. Un home d'honneur, Calcedonio Di Pisa était ensuite chargé de l'acheminer jusqu'à Brooklyn. Mais les mafiosi de New York s'aperçurent que les colis contenait moins que prévu. Les soupçon se portèrent sur Di Pisa. La commission réunie pour statuer sur le sort de Di Pisa décida que celui ci n'était pas responsable du détournement de drogue. Mais le clan La Barbera afficha son mécontentement.
Le 26 décembre 1962, Di Pisa fut abattu à l'ouest de Palerme. D'autres membre de la Cosca Di Pisa ne tardèrent pas à etre descendus. La riposte commença en janvier 1963. Salvatore fut victime d'une « Lupara Bianca » : on ne retrouva que sa voiture calciné. Son frère Angelo disparut mais se montra en publique à Rome pour prévenir ses amis qu'il était en vie, déterminé à continuer la guerre. Le 12 février, un attentat à la voiture piégé détruisit la maison de "l'Oisillon". Celui ci s'en sorti indemne mais sa riposte fut spectaculaire.
Le 19 avril, une fiat se gara devant la poissonnerie Impero. Deux hommes se dressèrent sur les sièges et mitraillèrent la boutique. Parmi les mort, le poissonnier, un homme de main des La Barbera. Dans la poissonnerie se trouvant vraisemblablement Angelo La Barbera qui riposta à coup de fusil et pistolet. Il s'en sortit indemne.
La victime suivant était un allié des Greco, boss de Cinisi , tué encore une fois par une voiture piégé. Beaucoup pensèrent que c'était la dernière tentative pour démontrer qu'il pouvait encore atteindre ses ennemis.
Le 25 mai 1963, les occupant de 2 voitures vidèrent leurs changeurs sur Angelo La Barbera. Celui ci survécut encore un fois bien qu'il fut touché à l'½il, au cou, à la poitrine, dans le dos, à la jambe et à l'aine. Il fut finalement arrêté dans un hôpital de Milan et aux enquêteurs qui l'interrogeait il répondit "je ne sais rien".
C'est ici qu'intervient un acteur majeur de Cosa Nostra à cette époque : Tommaso Buscetta, l'un des premiers repentis de Cosa Nostra. Un article lui sera dédié au cours de ce journal.
Tommaso Buscetta aurait été du coté de La Barbera à l'ouverture du conflit. Mais quand il a remarqué qu'ils risquaient fortement de perdre la guerre, Buscetta et Torretta, le boss de l'Uditore changèrent d'allégeance pour passer du coté des Greco. Mais l'arrestation à Milan du boss de Palerme-centre, Angelo La Barbera, laissa place à un conflit pour prendre sa place. Torretta et Buscetta estimèrent qu'ils en etait les dignes successeurs. Mais les Greco pensait que Buscetta serait trop dangereux s'il était promu. Une guerre couvait donc quand la énième voiture piégé explosa en tuant sept membres des forces de l'ordre par erreur le 30 juin 1963
Selon Buscetta la guerre aurait été le résultat d'un piège visant à se faire affronter les 2 Familles. Mais il est clair que les mafiosi ignoraient eux même ce qui se tramait vraiment. Selon lui, c'est Michel Cavataio, alias "le cobra" qui aurait tué Di Pisa pour déclencher la guerre aux Greco.
L'attentat de Ciaculli, qui mit fin à cette guerre eut des conséquences considérables sur Cosa Nostra: plus de 2000 arrestations. En réaction, la mafia décida de se cacher. La commission décida de sa dissolution et les Familles se dispersèrent. L'oisillon se cacha à l'étranger et Buscetta également. Les crimes mafieux furent presque réduit à 0 les années suivantes.
En 1968, seul 117 des protagonistes furent traduit en justice et la majorité d'entre eux furent relâchés apres le temps qu'ils avaient passé en prison en attendant le jugement. Pietro Torretta eut la plus longue peine, 27 ans et Angelo La Barbera à 22 ans et 6 mois. L'oisillon et Buscetta furent condamnés également mais par contumace, étant donné qu'ils étaient en fuite.